J'aurai pu écrire ceci dans la liste de discussion, mais je me suis souvenu que si ce site a été créé, c'est aussi pour permettre à tout le monde de s'exprimer et qu'il était là pour être utilisé. D'autant qu'une rubrique "Mon humeur" (Ma vie n'étant pas ici le propos...) est présente, elle doit donc avoir son utilité.
Ainsi, ce matin, levé tôt comme tous les matins pour que Madame soit à l'heure afin d'entamer sa journée de travail, j'allume mon PC qui m'affiche une belle image de Mandriva Linux (la version 2010, j'ai évolué avant le site, même s'il a fallu la bricoler un peu pour accéder aux fonctionnalités courantes, comme l'usage d'une clé usb par exemple... mais là encore, ce n'est pas le propos), j'arrive sur mon bureau KDE, et je lance Mozilla Firefox pour lire les informations du jour. Et sur ma page d'accueil iGoogle, au niveau du gadget Reader qui m'affiche les titres (entre autres) de Toolinux, je tombe (sans mal, rassurez-vous) sur cette actualité :
Et alors (me direz-vous pour certains) ? Alors mes neurones en surchauffe m'ont apporté ces quelques réactions dans une "anarchie" chère aux libristes de la première heure :
=> Dans les médias, on ne parle quasiment plus aujourd'hui de GNU/Linux, mais d'Ubuntu : cela veut-il donc dire que les autres distributions ne savent pas faire parler d'elles et communiquer, au moins par l'image ?
=> Google se présente comme l'entité qui pourrait mettre en danger Microsoft (Windows) du "côté obscur", et la paire Ubuntu / Mozilla pour le monde "libre". Là encore je me rend compte combien la médiatisation a toute son importance, puisque ce sont toujours les "produits" (appelons un chat par son nom) les plus connus, parce qu'ils savent se faire connaître, qui sont cités.
=> Si aujourd'hui, auprès du grand public, Ubuntu semble représenter GNU/Linux, demain cette position pourrait être prise (dans un premier et court temps en tout cas) par Google Chrome OS (car si les informations sur la genèse de ce système sont bonnes, il est issu de GNU/Linux). Ce qui pourrait alors entrainer 2 choses : l'amalgame Google / Linux si le système est bon, la responsabilité de GNU/Linux si l'OS se révèle être défaillant (dans son fonctionnement, ou même ses aspects visuels).
=> Windows aujourd'hui est connu et répandu, parce qu'il n'y a pas un magasin (spécialisé, grande surface, etc.) sans PC avec Windows collé dessus (et intégré dedans), et que les utilisateurs dans leur grande majorité (même si je partage et suis solidaire de l'action voulant des PC nus pour favoriser la "concurrence" des OS) ne veulent pas perdre leur temps à devoir installer quoi que ce soit sur leur machine (sauf peut-être des jeux...) : arrivés à la maison, ils veulent pouvoir brancher et que la machine fonctionne en leur permettant d'accéder à ce qui les intéresse. Et Microsoft est une société qui sait faire parler d'elle.
=> Apple aujourd'hui est connu et reconnu pour son système (parait-il, je ne l'ai pas testé moi-même) stable et robuste, et optimisé pour le matériel sur lequel il est installé (iMac, MacBook), mais surtout pour ces autres produits "à la mode" comme l'iPod et le célèbrissime iPhone... et bientôt l'iPad (sauf si c'est un très mauvais produit). Apple est une société qui sait faire parler d'elle.
=> Ubuntu (et donc Canonical) s'est positionné comme étant le représentant de Linux, car le système fait parler de lui (à un degré moindre des entreprises Microsoft et Apple), et le Fondation Mozilla fait souvent la une grâce à Firefox.
=> Google, notre "ami", est incontournable car omniprésent sur la toile, je ne dirai donc pas que la société sait faire parler d'elle...
Et dans tout ce brouhaha, je me posais donc la question que je vous propose... Quelle place demain pour Mandriva Linux, et par extension Mandriva S.A. ? Comment le système et la société ont-ils choisi de se positionner pour ce demain qui est à nos portes ? Aider, promouvoir, "défendre"... Je crois que nous sommes tous d'accord pour le faire, sinon nous ne serions pas là, réunis. Mais peut-on aider quelqu'un qui ne souhaite pas être aidé, et qui ne s'aide pas lui-même (c'est une pensée, pas un constat...) ?
Ce que je souhaite, c'est que Mandriva Linux et Mandriva aient une très longue vie.



Re: Et demain ?
C'est ce que nous voulons tous, mais tant qu'il n'y aura pas une antenne de communication fiable quelque part pour Mandriva Linux, ça ne marchera pas.
Mandriva n'a pas besoin d'être aidée, elle n'en veut pas visiblement, et l'aider, c'est perdre son temps je pense (à part le département web). Mais pour le reste, il faudrait faire le boulot de l'entreprise : faire la communication de Mandriva, et organiser cette communauté pour que dans chaque pays une communication efficace soit mise en place. Encore faut-il cependant que les membres veuillent tous y mettre l'énergie requise, ce qui est un autre problème.
Re: Et demain ?
Pourquoi pensez-vous que Mandriva ne veut pas être aidée
Mandriva a certainement de gros défauts de communication, mais je n'ai pas l'impression qu'elle ne veuille pas être aidée.
Re: Et demain ?
C'est vrai que quand on voit la liste des protagonistes, j'ai l'impression que les gens qui craignent la peste passent leur temps à tenter de se positionner stratégiquement entre le choléra et la tuberculose.
Mandriva (ainsi que Canonical, qui même si elle a pris une petite longueur d'avance) pour survivre doivent-ils devenir l
ou requins ? À partir de quel instant doit-on lâcher la philosophie du libre et du communautaire pour devenir pragmatique et payer les employés ?
Je pense que la pierre première serait d'avoir une marque communautaire, différenciée de mandriva. Même si c'est le même produit, toute la communauté pourrait se regrouper autour de la marque, et Mandriva se concentrer sur le secteur pro avec sa marque pro.
Re: Et demain ?
C'est bien pour cela, Raphaël, que je défends l'idée selon laquelle la parution d'une distribution Mandriva Linux, tous les 6 mois, doit revenir à la communauté (tout en étant soutenue et techniquement aidée par la société). Cela permettrait (de mon point de vue) un repositionnement libriste (dans le fond et la forme) de la distribution et une plus grande et efficiente participation au développement par les individus et donc la communauté.
Société et communauté pourraient alors partager leurs travaux plus sereinement, et la société pourrait alors même récupérer du temps et des moyens pour se recentrer sur son activité "commerciale", y compris dans la diffusion d'une (ou plusieurs) version(s) payante(s) (car intégrant de la plus-value en termes de produits et services) de "sa" distribution Linux en direction des professionnels et des particuliers, et répondant mieux à leurs attentes ("durée de vie", prise en charge du matériel, fonctionnalités, etc...).
D'où mon laïus complémentaire plus bas...
Re: Et demain ?
Il y a un projet communautaire dont le "but ultime" est de réunir toutes les distributions basées sur RPM, http://unity-linux.org/
Le projet issu de Mandriva (plus précisément ce sont des anciens de PCLOS qui ont trouvé que ce dernier projet avait trop divergé, tant en terme technique que communautaire, de Mandriva, et souhaitent "retrouver les origines" et se rapprocher de la communauté de Mandriva)
L'idée est que ça soit une communauté qui gère le tronc (ce qu'ils appellent le tronc, ce sont les paquets standards, le kernel, les environnemnents de bureau etc, mais avec le minimum de configuration graphique ou autre) et ensuite n'importe qui se base sur le tronc pour créer sa "branche" (c'est le terme employé) càd avec une charte graphique spécifique, un choix de logiciels spécifiques etc . Les paquets proviennent d'ailleurs souvent de Mandriva, mais le principe de développement est basé sur une rolling distro, et le choix du gestionnaire de paquet est Smart Package Manager. C'est mieux expliqué dans cet article traduit en français : http://unity-linux.org/fr/unity-linux-2010-beta-2-disponible /
Il y a des anciens de la communauté de Mandriva qui défendent ce projet, et essaient de nouer des liens avec Mandriva, en voulant prouver que la communauté peut gérer la release. Notamment Per Øvynd qui, comme certains le savent bien, a été avec Wobo et d'autres un défenseur de l'idée d'une Fondation Mandriva.
Reste que ce projet est à mon avis encore plus intéressant, mais c'est pas évident que Mandriva soit intéressée. Mon idée est que commencer par une marque communautaire serait un premier pas intéressant, et un gros coup au niveau communication si l'information était bien relayée.
Re: Et demain ?
Ah oui ! Pour moi, cela correspond à un profitable "retour aux fondamentaux" qui peut permettre de poser les bases d'une distribution "étiquetée" communautaire.
La création d'une fondation serait formidable, mais comme tu l'indiques elle ne peut venir que de la société, d'autant que certaines discussions indiquaient comment il était difficile de créer en France ce type de structure.
Je partage donc vraiment ton avis pour démarrer avec une "marque" communautaire, et bien structurée dans les différents postes (pour permettre à chacun de se concentrer sur ses tâches) intégrant un mode de communication simple et efficace en interne, et une "force" de communication à l'externe (qui pourra sereinement réaliser sa tâche si elle est soutenue et relayée).
Projet intéressant !
Je trouve le projet très intéressant et je pense que l'avenir des distributions commerciales reposent sur des distributions communautaires. Ce que j'entends par là c'est qu'un rythme de sortie tous les 6 mois d'une distribution, ce qui semble être le rythme de sortie adopté dans le monde du logiciel libre, n'est pas adapté au rythme de l'utilisateur final (l'utlisateur final étant celui qui utilise un ordinateur pour surfer, lire ses mails, chatter, écouter de la musique, voir des vidéos, etc.). Par avance je réponds à ceux qui diraient qu'il n'est pas nécessaire de changer de distribution tous les 6 mois en disant oui ce n'est pas nécessaire, ça le devient quand pour avoir la dernière version d'un logiciel il faut avoir la dernière distribution, et à ceux qui me répondent alors que on ne peut pas avoir la dernière version des logiciels et des versions stables je réponds juste « foutaises », il suffit de lire les releases-notes de projet comme Amarok ou Digikam pour voir que chaque nouvelle version apporte son lot de résolution de bugs.
Partons donc du principe d'une distribution communautaire semestrielle, elle doit se destiner à des utilisateurs "avancés" qui ont envie de s'impliquer dans l'amélioration de l'ensemble notamment en rapportant des bugs, elle se destinera également aux utilisateurs qui ne veulent pas payer une distribution « commerciale ». Avec le ryhtme adopté sa durée de vie doit être réduite (pour éviter de gérer xx dépôts pour xx versions).
A partir de cette base, il me semble tout à fait envisageable d'avoir des distributions commerciales qui se créent en revendant une plus value. Pour moi, la principale plus value serait la durée de vie de la distribution. Une installation et ensuite une tranquillité assurée de plusieurs années. Les mises à jour pouvant être un peu plus lentes que la version communautaire, mais garanties, ainsi que l'inclusion de nouveautés quand elles arrivent (par exemple, un logiciel super top n'existant pas lors de la sortie de la distribution trucmuchecommercial mais qui est proposé 2 ans plus tard lorsqu'il sort). La plus value peut être un app-store, de la musique en ligne (ce serait cool ça d'installer de la musique via rpm !!), des vidéos, un travail de configuration spéficique, etc.
Il reste à voir si ça peut intéresser Mandriva mais également d'autres distributions et comment se financera cette base commune communautaire.
Re: Et demain ?
Le principe même de créer une entreprise est bien de réaliser des profits, et toutes les sociétés - même si elles sont utilisatrices de licences libres - sont obligées de suivre ce principe pour vivre (est-il nécessaire de rentrer dans le détail pour l'expliquer ?), c'est la "loi" du marché tel qu'il existe aujourd'hui.
Cela implique-t-il de dire qu'il faut que l'ensemble du mouvement libriste s'adapte à cette "loi" ? Bien évidemment que non ! Mais il ne faut plus pour autant entretenir ce "mur" qui existe encore entre certains "puristes" (sans utiliser le terme de "barbus" qui fait plus référence aujourd'hui à la notion d'intégrisme par la violence, je parle de ceux qui estiment que le "libre" se mérite, que si l'on ne comprend pas quelque chose alors Linux n'est pas pour nous, etc...) et les utilisateurs de base des TIC (et ils font la majorité ceux qui n'ont pas grand intérêt à savoir ce qui leur permet de réaliser leurs loisirs et/ou de travailler, tant que ce qu'ils ont entre leurs mains fonctionne, simplement, et soit à leur goût - oui, la mode...).
Les sociétés comme Mandriva ou Canonical, mais aussi Microsoft, Apple et Google, sont celles qui doivent répondre à cette grande majorité d'utilisateurs. Et les unes (celles des licences libres) ont besoin des autres (celles qui ne jurent que par les brevets) - et peu importe l'ordre dans le quel on les cite - pour exister, et pour permettre le développement des technologies et des usages. Ce qui - normalement - va faire la grande différence entre les 2, c'est qu'une partie de ces sociétés recherchent le profit en tant que tel en voulant imposer leurs modèles (aussi bien matériel que de fonctionnement) sans chercher à savoir si c'est profitable pour tous, tandis que les autres semblent être dans une logique de "partage" et de "respect".
Dans le libre, je vois ce "marché" de l'OS, et plus largement des logiciels, se placer dans 3 sphères (puisqu'il existe - au moins - 3 dimensions):
- celle qui fait le socle des idéaux du libre, dans sa philosophie et son discours : seule, elle devient aussi "fermée" que ce qu'elle critique, et des "communautés" comme l'AUFML n'ont aucune raison d'être ;
- celle qui apporte les moyens sans lesquels la mise en application et la diffusion serait bien difficile : seule, peu importe le "modèle" utilisé, elle ne cherche que la "domination" et toujours plus de profit (...Microsoft) ;
- et enfin celle des utilisateurs sans laquelle l'idée même du "libre" (dans le sens des TIC) n'a pas de sens : seulle, elle n'existe tout simplement pas.
Aussi, il en faut des individus et structures dans ces 3 sphères, et qui peuvent se trouver dans une seule, encore mieux dans 2. Quant à être dans les 3... Mais pour que l'équilibre soit maintenu, pour qu'il n'y ait aucune dérive, ces 3 "mondes" doivent exister et communiquer entre eux, et avoir des intérêts communs. Et je vous invite à vous (re)poser la question de savoir où doit se trouver le centre de gravité pour que ces principes soient applicables, et donnent un maximum de satisfaction à l'ensemble.
Je ne pense pas réinventer la problématique existante en exposant tout ceci, et je me doute que mon avis ne sera pas partagé par tous... et heureusement ! D'ailleurs, je n'impose à personne d'être d'accord avec moi...
Re: Et demain ?
Intéressant, je ne connaissais pas Unity, je m'en vais la découvrir de ce pas.
Tout cela est bien, mais demain, on fais quoi concrètement? La création d'une fondation est-elle si impossible que cela? N'est-il alors pas préférable d'opter pour un autre statut? Il faut aussi tenir compte du fait qu'il serait très avantageux d'avoir une communauté internationale coordonnée et qui communique entre les différents pays, parce que actuellement, elles sont toutes indépendantes et sans coordination. La première étape si l'on veut une distro centrée sur la communauté serait qu'elles soient toutes coordonnées.
Re: Et demain ?
Ah, si nous parlions tous la meme langue... Parce que finalement ce qu'il manque entre les différentes communautés de diverses nationalités, c'est une compréhension rapide de ce que peut dire l'autre. Lorsque cet obstacle (finalement, c'est toujours le meme, et c'est aussi ce qui a conduit à la création de l'AUFML...) n'en sera plus un, je pense que tous les moyens humains nécessaires, en termes de compétences, connaissances et bonne volonté, seront réunis pour réussir à aller encore plus loin. Parce que je ne dis pas (mais alors pas du tout) qu'au jour d'aujourd'hui il y a échec, et j'en veux pour preuve la qualité de Mandriva Linux tous les semestres (ou un peu plus longtemps lorsque certaines mises à jour sont nécessaires) ! Mais avec plus de bras et de cerveaux, et je ne fais que répéter ce que beaucoup ont déjà dit avant moi, qui se mettent à travailler ensemble sans avoir besoin de refaire les memes choses plusieurs fois (par manque de coordination), l'ensemble du processus de création de la distribution serait gagnant. Et il y a encore de la marge pour continuer d'améliorer les choses.